Jour des morts : comment les catholiques prient pour les défunts en novembre
Partager
Le soir du 1er novembre, après une journée consacrée aux saints dans la gloire, l’Église tourne son attention vers tous les autres défunts. La Commémoration de tous les fidèles défunts, aussi appelée jour des morts, tombe le 2 novembre, et en 2026, ce sera un lundi. Beaucoup de catholiques associent cette journée aux vêtements liturgiques noirs, aux cimetières bondés et à un ou deux noms lus à voix haute pendant la messe. Pourtant, ses origines vont bien au-delà de la coutume.
Cette journée repose sur une conviction simple : l’amour ne s’arrête pas à la tombe, pas plus que la prière. Des grands-parents, des parents, des amis, un camarade de classe disparu trop tôt, un inconnu dont plus personne ne se souvient. L’Église nous demande de les confier tous à Dieu et consacre tout un mois à cette intention.
Les origines de la coutume
Les chrétiens prient pour les morts depuis les premiers siècles. Des inscriptions dans les catacombes romaines demandent paix et réconfort pour les défunts, et les prières eucharistiques de l’Église primitive nommaient les morts aux côtés des vivants. Cette pratique a aussi un fondement scripturaire. Dans le deuxième livre des Maccabées (12:43-46), Judas Maccabée organise une collecte afin qu’un sacrifice soit offert pour les soldats tombés au combat, et l’auteur loue cet acte comme saint et pieux, car il témoigne de l’espérance en la résurrection.
Une date fixe fut établie plus tard. Vers l’an 998, saint Odilon, abbé du grand monastère bénédictin de Cluny, en Bourgogne, ordonna aux maisons dépendant de Cluny de célébrer une commémoration de tous les fidèles défunts le lendemain de la Toussaint. Le réseau de monastères de Cluny s’étendait à travers l’Europe, et la célébration se répandit avec lui. À la fin du Moyen Âge, Rome avait elle aussi adopté le 2 novembre.
Un dernier chapitre se situe au XXe siècle. En 1915, alors que la Première Guerre mondiale remplissait les cimetières de toute l’Europe, le pape Benoît XV accorda à chaque prêtre la permission de célébrer trois messes le jour de la Commémoration des fidèles défunts : une pour une intention particulière, une pour tous les fidèles défunts et une pour les intentions du Saint-Père. Cette permission est toujours en vigueur.
Ce que l’Église enseigne au sujet du purgatoire
Prier pour les défunts n’a de sens que si la prière peut les aider, et l’Église l’affirme clairement. Le Catéchisme de l’Église catholique (1030-1032) enseigne que ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais ne sont pas encore parfaitement purifiés, ont l’assurance du salut éternel et subissent une purification afin d’entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle cette purification finale le purgatoire.
Ce n’est pas une seconde chance, ni un enfer de moindre importance. C’est l’ultime étape de la préparation à Dieu, entièrement œuvre de sa miséricorde. Comme l’Église ne forme qu’un seul Corps, les vivants peuvent aider les morts à avancer sur ce chemin. Le Catéchisme met avant tout en avant le sacrifice eucharistique, ainsi que les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence offertes pour les défunts. Rien de tout cela n’est automatique ni transactionnel. C’est la communion des saints à l’œuvre : les membres du Corps du Christ s’entraident.
Faire de novembre le mois des saintes âmes
Le jour des défunts ouvre un mois entier de commémoration, que les familles catholiques célèbrent de nombreuses façons discrètes. Voici quelques-unes des plus appréciées :
- Faites célébrer des messes. Demandez à votre paroisse de célébrer une messe pour un proche défunt, ou inscrivez des noms dans le livre des défunts de la paroisse, que de nombreuses églises gardent près de l’autel tout au long du mois de novembre.
- Visitez un cimetière. Parcourez les allées, entretenez une tombe familiale et priez pour ceux qui y sont enterrés, y compris ceux qu’on a oubliés et qui n’ont pas de fleurs.
- Priez le chapelet pour les défunts. Réciter une dizaine chaque soir pour une personne en particulier est une douce habitude à adopter en famille avec les enfants.
- Apprenez par cœur la prière du Repos éternel. « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que brille sur eux la lumière sans déclin. Qu’ils reposent en paix. Amen. »
L’Église attache également des indulgences particulières à ces jours. Selon les normes du manuel des indulgences de l’Église, une indulgence plénière, applicable uniquement aux âmes du purgatoire, peut être obtenue en visitant pieusement un cimetière et en priant pour les défunts, n’importe quel jour du 1er au 8 novembre, ainsi qu’en visitant une église ou un oratoire le 2 novembre et en récitant le Notre Père et le Credo. Les conditions habituelles s’appliquent : confession sacramentelle, communion, prière aux intentions du Saint-Père et détachement de tout péché. Ces dernières années, la Pénitencerie apostolique a parfois étendu ces dispositions ; il est donc conseillé de consulter les annonces de votre diocèse chaque automne.
Le 2 novembre à Rome
Rome a sa propre façon de célébrer cette journée. Le grand cimetière monumental de la ville, le Verano, se trouve près de l’antique basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs, où est enterré le diacre martyr du IIIe siècle. Les familles arrivent avec des chrysanthèmes, les fleurs que les Italiens réservent aux défunts, et les allées se remplissent de personnes qui se recueillent en silence sur les tombes familiales.
Ces dernières décennies, les papes ont souvent marqué le jour des Morts en célébrant la messe dans l’un des cimetières de Rome ou à proximité, puis en allant prier sur les tombeaux de leurs prédécesseurs, dans les grottes sous la basilique Saint-Pierre. L’image est saisissante : l’évêque de Rome, comme n’importe quel petit-fils ou petite-fille de la ville cette semaine-là, s’agenouille pour prier pour ceux qui l’ont précédé.
Foire aux questions
Le jour des Morts est-il un jour de précepte ?
Non. La Toussaint, le 1er novembre, est un jour de précepte aux États-Unis (en 2026, elle tombe un dimanche), mais le jour des Morts ne l’est pas. Assister à la messe le 2 novembre reste l’une des façons les plus appropriées de prier pour les défunts.
Puis-je prier pour une personne qui n’était pas catholique ?
Oui. L’Église prie pour tous les fidèles défunts, et les catholiques peuvent prier pour toute personne décédée, en la confiant à la miséricorde de Dieu, qui seul connaît chaque cœur. De nombreux registres paroissiaux des défunts comprennent des proches de tous horizons.
Quelle est la différence entre la Toussaint et le jour des Morts ?
La Toussaint célèbre tous les saints du ciel, connus et inconnus, et implore leurs prières. Le jour des Morts est consacré aux fidèles défunts qui sont peut-être encore en purification. Un jour, on demande l’aide des saints ; le lendemain, on vient en aide aux âmes en chemin.
Si vous souhaitez qu’un chapelet soit réservé pour ces prières de novembre, nos chapelets bénis à Rome sont un excellent point de départ. Vous pouvez également parcourir tous nos objets de dévotion de Rome. Donne-leur, Seigneur, le repos éternel.
